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  • LesParolesdeKristine

Upstairs, downstairs, Downton Abbey à Genève



Toujours intéressée par l’histoire et les vies des gens, notamment des locaux, je n’ai pas pu résister à acheter le livre Pipes de terre et pipes de porcelaine, de Madeleine Lamouille (les Éditions Zoe). Ce livre, souvenirs d’une femme de chambre 1920-1940, est une biographie qui parle des conditions de travail des domestiques dans les années 30. Dans le titre les pipes de terre sont les servants et les pipes de porcelaine les maîtres : downstairs, upstairs, en bas, en haut !


Madeleine Lamouille a travaillé comme femme de chambre dans des familles bourgeoises romandes, et dans les années 70, elle a raconté son histoire à l’écrivain Luc Weibel, le petit fils d’une famille genevoise pour laquelle elle a travaillé. Il y a donc deux personnages dans ce livre : Luc et Madeleine.


Madeleine, issue d’une famille de sept enfants, a commencé comme domestique dans une grande maison de trente pièces, en Vaud. Elle y était une de sept employées. Se lever à six heures tous les jours, beaucoup de travail ‘à genoux’, une après-midi de congé par semaine. La vie était dure, mais elle avait été bien traitée par la famille, les domestiques pouvaient utiliser leur bibliothèque, lire leur journal et avaient leur propre salle bain.


C’était différente dans son deuxième poste à Genève, dans la famille de Luc... Madeleine avait 23 ans, portait une robe noire, un tablier blanc. Elle raconte :


J’étais arrivée en fin de matinée. Mon premier choc, c’est que personne ne m’a touché la main. Personne ne m’a dit : Bonjour Mademoiselle, vous avez fait bon voyage ? Rien. Ni monsieur, ni madame, rien du tout. On m’a tout de suite mise au travail.


Ils lui ont répondu qu’ils ne saluaient pas les bonnes.

Par sa collègue Marie, elle a fait la connaissance de son mari et elle a pu quitter son poste après le mariage.


J’ai beaucoup apprécié ce livre : avec ses paragraphes courtes et séparés et très bien structurés, c’était facile à lire pour moi. Ce que je trouve intéressant, c’est que l’histoire orale a été recueilli par le petit-fils de ses maîtres. La seule chose qui me manque est un commentaire plus personnel de ce Luc. Un vrai témoignage sur la condition des domestiques au début du XXème siècle.


Kristine





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